Du 11 au 13 novembre 2011 avaient lieu les premières Assises chrétiennes de l’écologie à Saint-Etienne, organisées par le journal Prier et le diocèse de Saint-Etienne. Une expérience passionnante, ainsi qu’en témoignent les extraits de ces comptes rendus.


- Assises chrétiennes de l’écologie : un franc succès !, par Jean-Claude Noyé, Prier, 18 novembre 2011

« Espéré, attendu, longuement préparé, le succès fut au rendez-vous. Succès de fréquentation, avec 1700 participants - dont 400 jeunes - alors que nous en attendions 1000. Succès par la qualité des conférences, débats, tables rondes et ateliers. La diversité des intervenants et des thématiques abordées ont séduit le public et, comme on dit familièrement, il y en avait pour tous les goûts. Succès encore grâce à l’atmosphère fraternelle et conviviale que tous, organisateurs, intervenants et participants, ont su mettre en oeuvre. Respect, disponibilité, écoute, bienveillance : la réussite d’un évènement tient aussi, et peut-être même avant tout, à ces petits riens – un sourire, une poignée de main franche et généreuse, le tutoiement facile sinon de rigueur – qui font qu’on se sent bien ensemble. [...]

« L’occasion de décliner, comme un fil conducteur, le slogan à la teneur tout autant évangélique qu’écologique : “Moins de biens, plus de liens”. Et de réaffirmer cette conviction commune à tous les intervenants : on ne sortira pas de la crise écologique, dont la gravité a été réaffirmée sans ambiguïté, avec des mesurettes (le “green-washing”) ni grâce au seul secours de la science. Le concours de celle-ci est certes précieux mais ne saurait suffire. Ce qui est en jeu n’est autre que le changement de notre mode de vie. Clairement, nous devons appendre à faire mieux avec moins. C’est-à-dire explorer les voies de la "sobriété heureuse" (Pierre Rabhi) ou de "l’abondance frugale" (Jean-Baptiste de Foucauld).

Mais ce changement de société, incontournable sauf à aller droit dans le mur, implique tout aussi nécessairement la conversion de nos mentalités et que nous adoptions et un autre regard sur la nature Les conférences plénières du vendredi soir et du dimanche matin, qui portaient plus précisément sur ce dernier aspect (quel rapport au monde ? ), ont dessiné des éléments de réponse. Et donner l’occasion à Michel Maxime Egger, théologien de confession orthodoxe, de séduire un large public en allant au bout du bout de cette interrogation. Quitte à mettre en cause l’excès d’anthropocentrisme et de dualisme propre à notre civilisation, excès qui a conduit au fil des siècles - surtout après le tournant de la Renaissance, suivi d’un effet d’emballement au XVII° siècle jamais interrompu depuis - à la mise en coupe réglée de notre planète, devenue un vaste dépotoir.

« Alors oui, nous devons repenser nos valeurs et peut-être même notre spiritualité. A l’exemple de frère François et de sa compassion universelle pour tout le vivant. François, fait patron des écologistes par Jean-Paul II, dont le message ne peut que continuer à nous inspirer ! »

- Cathos ET Ecolos, La Vie (blog) par Olivier Nouaillas, 14 novembre 2011

« Quel foisonnement ! Il en y avait pour tous les goûts et tous les âges. En réunissant, le week-end dernier, plus de 1500 personnes à Saint-Etienne à travers une quarantaine d’ateliers et de conférences, les premières Assises chrétiennes de l’écologie ont été un succès. Il faut dire que les propos des organisateurs avaient été clairs : "Pas plus qu’ il ne saurait y avoir de parti chrétien, il n’ y a pas d’écologie chrétienne", avait dit en préambule le père Jean-Luc Souveton du diocèse de St Etienne et co-organisateur avec Jean-Claude Noyé du mensuel Prier ( groupe La Vie/Le Monde) de cet événement.

« Alors tout le monde est venu à Saint-Etienne : les chrétiens écolos et les écolos pas chrétiens, les spirituels et les engagés, les jeunes parents avec enfants et les cheveux blancs, les scouts et les oecuméniques, les 100 % bios et les moins bios. Même éclectisme parmi les intervenants : il y avait aussi bien les vieux sages comme Jean-Marie Pelt et Pierre Rabhi, les jeunes militants fougueux de Sortir du nucléaire ou de la Décroissance, les modérés du développement durable (Eléna Lassida), les tenants de l’écologie politique (Jacques Müller) ou encore les plus spirituels comme les bénédictins de de la Pierre-qui-Vire ou encore le théologien orthodoxe Michel Maxime Egger (qui a fait un tabac).

Car l’ambiance générale était combative et engagée : le capitalisme et le libéralisme économique en ont pris pour leur grade et notamment pour leur responsabilité dans la crise écologique. [...] »