Dès demain et jusqu’au 22 juin se tiendra à Rio le sommet de l’ONU Rio+20 pour le développement durable. Alors que la conférence s’enlise dans un bras de fer entre pays et industrialisés, risquant une régression par rapport aux engagements de 1992, des chrétiennes et chrétiens de tous horizons ont décidé d’un jeûne pour accompagner ce processus.

Trois jours de prière et de communion, de célébration et de réflexion, partagé avec les autres traditions spirituelle et tous les humains de bonne volonté.

Trois jours pour rappeler que seule une conversion des cœurs, des consciences et des modes de vie permettront de relever en profondeur et de manière durable les défis écologiques sans précédent auxquels l’humanité est confrontée.

Ce jeûne se veut de solidarité et d’interpellation.

Solidarité avec la Terre et les pauvres

Solidarité avec la Terre ainsi qu’avec toutes celles et ceux qui souffrent de sa dégradation, de la faim et des inégalités croissantes entre les nations et à l’intérieur des sociétés. Une solidarité que le Christ a vécu dans sa chair au plus haut degré d’incandescence – jusqu’à verser des larmes de sang – au jardin de Gethsémani.

Ainsi que le montre cet étonnant tableau de Mantegna (vers 1450), cette la prière de Jésus n’était pas seulement pour le salut de l’humanité (l’Adam total) mais pour toute la création. L’arbre cassé (déjà) évoque la terre qui souffre, les apôtres endormis renvoient à la conscience encore en sommeil des humains, l’armée des soldats en marche sous la conduite de Judas symbolise la violence de l’iniquité et de l’appât du gain.

Mais le Christ n’est pas seul dans sa prière : les anges l’assistent, mais aussi les oliviers en fleurs, les lapins sur le pont, les abeilles dans les ruches, les roseaux baignés par les eaux. La liturgie est cosmique et toutes les créatures y participent.

Solidarité, mais aussi interpellation des élites politiques et économiques qui négocient, pour qu’elles parviennent à prendre les mesures radicales qui s’imposent. Cela implique notamment de transcender la défense des égoïsmes nationaux et des intérêts particuliers, mais aussi de sortir des illusions de l’économie verte.

Interpellation des élites, des Eglise et de chacun de nous

Interpellation aussi des Eglises pour qu’elles passent la vitesse supérieure en matière écologique, se montrent plus prophétiques dans leurs paroles et leurs actions.

Interpellation enfin des citoyens et citoyennes que nous sommes, pour que nous assumions nos responsabilités, politiques et spirituelles. Cela demande en particulier une transformation de tout notre être et de notre vision du monde, un changement de notre mode de vie vers plus de liens et moins de biens. Plus sobriété et moins de consommation. Plus de simplicité et moins d’avidité. Plus de justice et moins d’inégalités. Plus de coopération et moins de compétition. Plus de paix et moins de guerres de toutes sortes.

Etre, c’est être relié. Pour devenir soi-même, nous avons besoin de l’autre, humain et non-humain. Dans la toile de vie, tout s’interpénètre, est en interrelation. Tout ce que nous faisons à nous-mêmes – corps, âme et esprit – nous le faisons à toute la création. Et inversement. Nous ne devons pas seulement respecter la nature parce que nous en avons besoin pour vivre, mais aussi parce qu’elle est sacrée. La création est notre lieu, certes, mais aussi celui de Dieu qui l’habite, la vivifie par ses énergies.

Pour vous joindre à cette action de mobilisation spirituelle, directement ou à distance – la communion des cœurs-esprits transcendent le temps et l’espace et ne produit pas de gaz à effet de serre – rendez-vous sur le site de Chrétiens unis pour la terre ou sur place : crypte de Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant, 2 bis rue Eupatoria, Paris 20e.