23 déc 2015

Jean-Marie Pelt, l’amoureux de la Terre

Philippe Le Bé, le 23.12.2015

Le biologiste et philosophe Jean-Marie Pelt s’en est donc allé de l’autre côté du miroir. Lors de la COP 21, je l’avais contacté par téléphone à l’hôpital où il avait été hospitalisé pour être soigné d’une fort douloureuse inflammation. Malgré cette énième épreuve physique, il avait accepté une brève interview par téléphone pour L’Hebdo.

Un calmant n’avait pas eu d’effet. Il souffrait mais ne voulait nullement renoncer à notre entretien. J’entends encore ses paroles qu’un bel accent de la Moselle faisait chanter, ouvrant la voie à une joie communicative. « Jusqu’à la fin de mes jours, me disait-il, je plaiderai en faveur d’un gouvernement mondial, le seul en mesure de faire face aux conséquences désastreuses du réchauffement climatique ». Il avait bien conscience que c’était une utopie. Mais plus utopique encore était l’idée que l’on pût se passer d’un tel gouvernement planétaire. Aux grands maux les grands moyens. 

Amoureux fou de la Terre, Jean-Marie Pelt me dit son admiration pour la dernière encyclique Laudato Si’ du pape François. Cet hymne à la nature vivante l’enchantait. C’était à ses yeux le plus beau message jamais délivré aux hommes depuis bien longtemps. Comme ses amis Pierre Rabhi et Michel Maxime Egger qu’il évoquait avec une profonde affection, Jean-Marie Pelt était en quête d’un plus être. Non pas dans un autre monde mais bel et bien dans le nôtre. Plus que jamais, sa présence dans le mystérieux espace-temps où désormais il se trouve nous souffle l’énergie dont nous avons besoin pour ré-enchanter le monde…

Philippe Le Bé, journaliste

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